Château de Joyeuse Garde : site & état des vestiges

 

◄ Introduction
◄ Données historiques

Le site

Le château se dresse à une trentaine de mètres d’altitude sur la rive droite de l’Élorn dont le versant septentrional culmine à plus de cent mètres de hauteur au lieu-dit « le Quinquis », à 1,5 kilomètre au nord-ouest de Joyeuse-Garde. Trois cents mètres seulement séparent la forteresse de l’estuaire où existait une importante pêcherie. Joyeuse-Garde contrôlait le trafic routier d’un ancien chemin, « la voie romaine » Landerneau-Brest, au-delà de laquelle était implantée l’église de La Forest.

Cet oratoire qui succéderait à celui de Saint-Ténénan était un prieuré-cure dépendant de l’abbaye de Saint-Mathieu. Il fut probablement élevé au rang de paroisse dès le XIIIe siècle; Saint-Divy en était une trève. Les vicomtes de Léon auraient favorisé le développement et, peut-être, la création de ce sanctuaire : Hervé VII y fonda une messe en 1332. Toutefois le bourg, situé à la lisière de la forêt de Landerneau, resta de taille modeste, sans doute à cause de la proximité de Landerneau.

Description d’ensemble et état des vestiges

L’absence de contraintes topographiques permit aux constructeurs du château de lui donner un plan géométrique. Celui-ci dessine un rectangle irrégulier d’environ quatre vingt-dix mètres sur soixante, orienté est-ouest parallèlement à la route qui longeait sa douve nord. Quatre tours de moyen diamètre flanquaient ses angles, une cinquième le milieu du rempart nord et, peut-être, deux autres la courtine ouest de chaque côté de l’entrée et une huitième le centre de la muraille sud. Des bâtiments, s’adossaient contre les courtines et s’ouvraient sur une vaste cour dans la partie est de laquelle s’élevaient d’autres constructions puisqu’on y a dégagé une cave voutée et des bases de murs.

Avant 1967, l’emplacement du château, qui avait une superficie de près d’un hectare, n’était plus qu’un terrain vague après que la ferme qui y existait eût disparu. Des maisons s’élevaient au niveau de l’ancienne douve ouest, en avant du portail. Celui-ci constituait le principal vestige de la forteresse dont les bases de murailles subsistantes étaient en grande partie masquées par des éboulis.

Les travaux entrepris consistèrent en un débroussaillage préalable, à un déblaiement et à une fouille à l’issue desquels furent dégagées toute la partie nord du château comprenant quatre salles et trois tours ainsi que la cave et la tour et la tour sud-est. Le secteur ouest de la place n’a pas fait l’objet de sondages en dehors du logis nord; il demeure occupé par une petite parcelle herbeuse plane, l’ancienne cour du château, délimitée au sud-ouest par des amas de broussailles qui dissimulent les vestiges de la courtine sud et de la tour sud-ouest, non reconnus.

Vue satellite (2012) du site de Joyeuse-Garde :

Vue satellite du site de Joyeuse-Garde

Plan du château de Joyeuse-Garde

Superposition du plan sur la vue satellite du site :

Vue satellite & Plan du château de Joyeuse-Garde

Les murailles exhumées n’excèdent guère un à deux mètres d’élévation excepté pour les tours et le portail d’entrée, de construction plus robuste.
La description qui suit se limitera donc à l’étude du château à l’origine. Nous tenterons ensuite d’étendre nos conclusions à l’ensemble de l’édifice.

III] Description des ouvrages ►